Ma rentrée scolaire 2015

Ou l’histoire d’une reconversion  #épisode 1

 

 

Hello ! Hello !

Le week-end dernier, c’était ma rentrée des classes ! Et oui ! Je retourne sur les bancs de l’école et c’était donc mes 2 premiers jours de cours pour conquérir un avenir différent et commencer une seconde vie (professionnelle)… 

Ça faisait déjà un certain temps que je pensais à une reconversion, et puis cette année, j’ai eu le déclic ! 

En vrai, j’adore mon métier et je l’ai toujours aimé. Même quand je travaillais encore à Paris, que je bossais trop, que je ne dormais pas assez ou que je râlais (parce qu’il faut l’avouer, c’est un peu notre nature…), que les clients ne comprenaient vraiment… rien… ou pas grand chose ! Malgré les conditions de travail, le stress ou la pression, le manque de reconnaissance…, qui ne sont malheureusement pas des plus stimulantes ou épanouissantes dans la grande majorité des entreprises d’aujourd’hui ; et ce, malgré quelques périodes de ras le bol aussi parfois (comme tout le monde), j’adorai quand même ce que je faisais !

 

Alors pourquoi changer…? Pourquoi repartir de 0 et se réinventer ?

 

Rassurez-vous je ne suis pas complètement givrée (enfin si… mais juste ce qu’il faut, et ça fait parti de mon charme) ni une insatiable intellectuelle avide de connaissances ! C’est tout bêtement et simplement parce qu’entre ma passion pour mon métier, mes objectifs de carrière ou comment je voulais l’exercer, et la réalité, il y a un MONDE ! Et ce monde, c’est tout simplement le quotidien avec la sclérose en plaques… 

Chaque cas est évidemment bien différent (voir la SEP, c’est quoi?), mais le métier de Directrice Artisitique en agence ou dans l’événementiel, c’est fini pour moi depuis un moment déjà. Les contraintes et le rythme ne sont clairement pas compatibles avec la vie dont j’ai besoin et que je peux assurer. Un poste aménagé dans un milieu où l’on bosse 60h/semaine (voir plus) , tiendrait plus de la rencontre avec un ours polaire dans le désert de Namib ou d’un rêve partagé d’Inception (le film… de Christopher Nolan, vous voyez ?), que d’une réalité vraisemblable.

J’avais jusqu’à présent trouver une sorte d’entre 2 avec les freelances, qui me permettaient de continuer à exercer une face de mon métier, le graphisme, quand je le pouvais. Seulement, au final, c’est assez frustrant car ça n’évoluera jamais. Je stagne ! Je peux certes avoir une part du gâteau mais pas plus… Et j’ai plutôt tendance à vouloir tout le gâteau !

Il faut savoir, pour ceux qui me découvrent au travers de ces permiers articles, que je suis plutôt (à la base) quelqu’un qui ne tient pas en place. Toujours à faire plusieurs trucs en même temps parce qu’un seul, en général, je m’ennuie ! On peut dire que je suis une hyperactive, ou quelque chose qui s’y apparente. Mais là aussi, les limites ce n’est plus vraiment moi qui les pose.

Par contre une reconversion, ça ne se fait pas du jour au lendemain et surement pas dans un élan réactionnaire : « J’en peux plus, je plaque tout ! » Il faut que le choix est un sens plus profond pour soi. Ce n’est pas changer pour fuir mais pour construire, avancer et renouer avec soi. Ça se construit pas à pas avec soi, mais aussi avec la famille et l’entourage proche car ce n’est pas anodin et ça ne chamboule pas que notre petite vie à nous. Croire dans une vie où on est pas obligé de souffrir ou de se sentir mal ou inutile pour gagner sa vie, c’est possible ! Et cette année, j’étais prête si on peut dire à l’entendre et à le comprendre.

Je suis évidemment passée par les étapes « CONSEILLERS ». Pour les personnes « malades » ou dites « handicapées », c’est donc la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées), l’AGEFIPH, CAP emploi… etc. mais c’est simplement l’équivalent de Pôle emploi & Co ; Soyons honnêtes, sans rentrer dans les détails, plus déprimant (et assez inutile…) c’est dur ! À eux seuls, je pense qu’ils peuvent décourager plus de la moitié des 82% de français qui ont déjà pensé à la reconversion ! :-p Et puis, comme je l’évoquais dans mon 1er post, ce n’est pas parce que j’ai une SEP que je ne peux aspirer qu’à quelque chose de fade… que je dois me contenter d’un truc non valorisant ou chiant… ou que je ne peux pas rêver en GRAND ! Bref, quand on sort de ce genre d’entretien, la plupart du temps, on est prêt à se jeter d’un pont (expression purement métaphorique) et si parfois, malgré les complexités (aberrations) administratives, les organismes peuvent être un réel soutien, je n’étais quand à moi encore pas dans la bonne case… (c’est ça de vouloir être originale !). Donc je me suis dépatouillée comme une grande !

 

Mon conseil, en tout cas, au stade de la réflexion, il ne faut fermer aucune porte même aux idées les plus farfelues.

 

Effectivement, avant de commencer à mettre des barrières logistiques (en terme financier, physique ou familial par ex.) et de faire la liste de tout ce qui peut poser problème, de tout ce qui est effrayant parce qu’on quitte notre petite zone de confort (comment je vais faire ? comment je vais financer ? qui va aller chercher la petite à la crèche ? est-ce que je vais y arriver ? que vont dire mes parents qui m’ont soutenu pour mes études ?…), s’autoriser à rêver et se demander quelle vie on a envie de vraiment mener, c’est le point de départ ! 

  • Qu’est-ce qui est important aujourd’hui dans ma vie ?
  • Qui je veux être ?
  • Comment faire pour que mon travail s’adapte harmonieusement à ma vie (et pas l’inverse) ?
  • Qu’est ce que je veux apporter autour de moi ?
  • Qu’est-ce qui est pour moi une vie réussie ?
  • Quelles activités et secteurs me plaisent réellement ?

Dans mon cas, le truc, c’est que je m’intéresse à pleins de choses, trop peut-être, quand il s’agit de se poser et sélectionner les bonnes pistes… !

Déjà à l’âge où on nous demande : « Que veux-tu faire quand tu seras grande ? » il m’aurait fallu pas moins d’une dizaine de vies pour tout accomplir. Dans cet espoir, j’avais dès la classe maternelle simplifié la chose en inventant le double métier d’infermière (mutation génétique très avancée de l’infirmière et de la fermière). Petite digression (désolée, je m’emballe…) mais j’affectionne particulièrement cette petite anecdote. Tout ça pour dire, que vouloir changer, c’est bien, mais pour passer du fantasme à la réalité, il fallait faire un vrai bilan, le deuil de ce qui « aurait dû » et surtout se décider.

Jusqu’à présent, je passais de « ohhh mais ça, ça serait une super idée ! Ça me plairait trop… !  » à  « Ouais non, c’est une super idée, mais non… »

Les envies ou projets, comme vous l’aurez sans doute déjà compris, je n’ en manquais pas ! Salon de thé/cupcakes, expert en pollution intérieure et conseil en décoration, crèche éco/bio, et j’en oublie… Mais la plupart, pour une ou plusieurs raisons, n’étaient pas tout à fait réalistes vis à vis de ma santé. 

Soyons honnêtes, si être heureuse dans ma vie professionnelle et enfin réussir à m’accomplir est mon objectif premier, il faut que mon projet soit compatible avec ma compagne au long cours ! Sinon retour à la case départ. 

Après avoir donc mis en perspective toutes les idées et les réponses qui mettaient à rude épreuve mes méninges, et ressemblaient plutôt au départ à une salade niçoise géante, j’ai petit à petit fait le tri et Ô miracle, un projet s’est profilé à l’horizon :  je veux faire quelque chose en lien avec la santé et la nature, car je crois profondément que par des outils naturels, l’alimentation, la relaxation etc. on peut apporter beaucoup de positif (attention ! je ne suis pas en train de vous dire qu’on guérit d’un cancer en faisant des cures detox de jus d’herbe super trendy ! Faisons bien la part des choses), et je veux utiliser ma SEP et mon vécu face à la maladie comme une force et une expérience au service des autres. TIN TIN ! (il faut le lire comme le son, ok ? pas comme le personnage de Hergé… sinon l’effet tombe à l’eau) Bref, rien que ça ! L’ avenir nous dira si je parviens à tenir mes motivations peut-être quelque peu idéalistes.

Beaucoup d’heures à surfer sur le net, une conférence sur la nutrition, un atelier ayurvédique, un festival de yoga, moults discussions (dont avec mon acupuncteur préféré), quelques hasards (que j’ai immédiatement qualifié de « signes ») et 2 portes ouvertes plus tard, et je me suis décidée : 

 

Je veux être naturopathe !

 

Naturopathe… ? Euh… ? en général, ça parle vaguement mais sans vraiment évoquer quelque chose de très précis… C’est un peu comme la SEP ! On situe mais on sait pas trop trop… Donc promis, je prépare un article rapidement pour vous en dire un peu plus sur ce drôle de métier (passionnant) !

 

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Pour conclure, samedi, j’ai donc fait ma rentrée avec mon nouveau cartable et mes jolis cahiers customisés pour l’occasion (bah oui…. il fallait au moins ça ! On apprend mieux quand c’est joli, c’est scientifiquement prouvé !), rencontré mes nouveaux camarades de classe et étrenné mes stylos. Une week-end sous le signe de la nouveauté et de l’excitation (pas sans un peu d’inquiétude aussi, j’avoue…) qui marque le début de ces 2 ans de formation à temps partiel à la Faculté Libre de Naturopathie de Cluses (74). Suite au prochain épisode !

Si vous aussi, la reconversion est quelque chose qui vous attire, je n’ai qu’une seule chose à vous dire : Rêvez, partagez, osez, foncez !

Bisous Bisous

 

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8 Discussions on
“Ma rentrée scolaire 2015”
  • Bonjour,
    juste pour te dire bravo… D’abord parce que c’est super bien écrit mais aussi parce que je sais combien c’est courageux de repartir à 0.. Je travaille dans la com moi aussi, j’aime mon métier mais soyons honnête avec ou sans SEP c’est un rythme infernal! j’aspire également à une reconversion plus en phase avec ce que je suis aujourd’hui et ton blog me donne envie également d’aller au bout de mes envies. Bonne continuation

    • Bonjour Sandy et merci pour ton commentaire, tes compliments et tes encouragements. Je croise les doigts pour que ton projet de reconversion devienne une réalité ! Bonne continuation également et à très vite j’espère.

  • Un grand bravo pour avoir osé te lancer dans ce changement de direction pro !!
    Pour ma part, j’ai fait un bilan de compétences l’an passé, plutôt par précaution qu’autre chose, dans le but de savoir vers quoi me réorienter si la situation SEP venait à se dégrader. Mais pas simple de quitter cette fameuse zone de confort où malgré tout ça ne va pas trop mal (même si ce n’est pas l’extase non plus….)
    Le confort matériel et familial a pris le dessus chez moi pour l’instant d’où mon admiration vis à vis de ceux qui osent tout changer.
    Quant à la MDPH and co, il y aurait beaucoup à dire… Je demandais une boite auto sur ma voiture pro car beaucoup de déplacements, je me suis retrouvée avec un pupitre devant mon ordi et un repose-bras. Dommage, ce ne sont pas vraiment les bras qui déconnent chez moi, plutôt les jambes, mais bon j’ai pris quand même.
    A bientôt

    • Merci ! 🙂 J’ai mis du temps à me décider et je crois qu’il y a un moment pour tout… et là je le sentais, c’était LE moment ! donc j’espère que je ne me suis pas trompée, l’avenir me le dira. Je te souhaite que tu n’es jamais besoin d’utiliser ton bilan de compétence sauf si tu en as l’envie. Il faut vraiment avoir une motivation bien bien solide parce que ce n’est pas évident de tout mener de front, de s’organiser, financer etc etc.
      Ah Ah Ah pour la MDPH… Ça ne m’étonne tellement pas ! @++

  • Chère Audrey,

    J’ai adoré ton texte, je m’y suis retrouvé à de nombreux moments… DA, Paris,…
    Je ne peux que t’encourager dans ta reconversion car je sais que c’est possible car j’ai fait un peu la même chose : DA, free puis j’ai créé l’Association Notre Sclérose. Donc OUI, c’est possible de concilier sclérose en plaques et job qui nous correspond. Ok, ce n’est pas facile tous les jours mais c’est possible. Je te souhaite de t’épanouir dans ta « nouvelle » vie.

    Solidairement,
    Arnaud.

    • Cher Arnaud,
      C’est un grand honneur et un grand plaisir de lire ton commentaire sur le blog. Merci mille fois de tes encouragements ! Je vais tout faire pour que ça fonctionne et j’espère que nous aurons l’occasion d’en reparler, suite aux posts ou pas 🙂
      Bises.

  • Félicitations tu suis le rythme ! C’est marrant on a du être inspirées en même temps du même sujet avec le « quand j’étais petite … » Je ne sais pas si tu as eu le temps de lire l’article ? (À locas n’hésites pas à commenter ☺️)
    En tout cas bravo, jai deux parents « handicapés » (l’un est aveugle et l’autre n’a que seul rein greffé et d’autres soucis de santé) et même si ils n’ont pas SEP je compatis au chemin difficile que cela représente.
    Mais tu y arrives donc bravo !

    • Merci ! 😉 oui carrément ! lol j’ai lu ton article cette semaine dès que tu l’as posté et j’ai beaucoup aimé, d’ailleurs j’ai utilisé le « pouce » de FB mais je n’ai pas commenté… Honte à moi ! 🙁 je vais de ce pas, corriger ça !
      Mon souhait est évidemment qu’au travers de ces anecdotes ou articles, on puisse aller au delà de la SEP et être touché différemment car il existe tellement de pathologies, handicaps et problèmes très pénalisants dans la vie de tous les jours et dans la vie professionnelle ; et même sans cela, la vie n’est pas toujours tendre ou facile ! donc le chemin n’est pas forcément plus simple quelque soit la personne qui l’emprunte. Mais un grand merci de ton soutien, j’apprécie énormément ! bisous !