Mon coeur à Paris…

Bonjour à toutes et à tous,

Me voilà de retour…

J’avais commencé plusieurs chroniques sur différents sujets, sans parvenir à les aboutir car le temps m’a manqué encore plus que d’habitude. Et là, tout me paraît avoir une autre couleur… être obsolète. C’est ce qui m’a décidé à prendre le temps, en dépit du reste… Car malheureusement, je vous retrouve après ces 2 semaines d’absence, le coeur en mille morceaux. Les petits aléas d’emploi du temps, les problèmes personnels et même la SEP, me paraissent tellement insignifiants, dérisoires, au regard des événements tragiques qui viennent d’avoir lieu.

Déjà une semaine, et je peine toujours à essayer de sortir de ce qui semble être un mauvais rêve… Mais non… Si le temps s’est un peu comme figé, la réalité est pourtant celle qu’on peine à accepter et à réaliser.

Je ne sais pas si je dois, ou si j’ai vraiment la légitimité de prendre la parole sur le sujet… Je me suis posée la question comme beaucoup de blogueuses, mais je crois que j’avais simplement besoin de m’exprimer à mon tour. Au départ, j’avais simplement écrit quelques lignes pour moi-même, comme pour exorciser un peu tout ça (si tant est que ce soit possible) et je ne pensais pas que j’allais en faire une vraie chronique. J’ai eu beaucoup de mal à trouver des mots… Comment les choisir quand chacun d’eux parait si quelconque, si trivial, face à l’horreur qui nous a tous touché ? Mais je ne me sentais pas non plus d’écrire sur autre chose ou de revenir sur le blog d’ici quelques jours sans en souffler mot.

Tant a déjà été dit via les infos, les articles, les blogs, les réseaux sociaux, les lettres à Paris ou à un disparu… Les prises de paroles ont en effet été très nombreuses et j’ai lu beaucoup de choses qui m’ont beaucoup touché. C’est donc aussi avec la plus grande humilité, qu’aujourd’hui, je saute le pas et surtout pour affirmer mon soutien, ma peine et mon émotion à toutes les victimes, à leurs familles et à leurs proches ; à envoyer aussi mes pensées à tous mes amis, anciens collègues, mais aussi à tous ceux vivants dans l’oeil du cyclone et dont le quotidien est bien plus chamboulé…

C’est d’ailleurs assez bizarre de vivre ces événements de « loin », par procuration si on peut dire, lorsque cette ville a été si importante dans ma vie. Ces mêmes quartiers d’un quotidien pas si lointain devenus le théâtre d’un carnage ; Des habitudes de vie si banales comme prendre un verre, aller à un concert, devenus synonyme de mort. On se croirait presque dans un épisode de Homeland, plutôt que dans une réalité à peine envisageable. J’aurai envie et besoin de pouvoir être sur place, d’affirmer mon soutien d’une manière plus concrète ou symbolique si on peut dire, de me recueillir là-bas, que mes larmes aient pu y couler mais aussi de sortir, trinquer et rire pour remettre à l’honneur ces choses toutes simples qui nous qualifient, nous, Français, et qui ont fait de nous des cibles. Paris me manque plus que jamais !

C’était pourtant au départ un vendredi 13 qui me semblait tout à fait ordinaire : une petite pensée superstitieuse au levé pour la date et qui me fait plutôt sourire de moi-même, le soulagement d’être bientôt en week-end et puis rien de spécial… Une journée dont je ne me serai assurément pas rappelé. Je me suis mise au lit assez tôt, épuisée, avec l’espoir d’être en forme pour la journée de cours qui m’attendait le lendemain matin. Et tout a basculé au détour de quelques posts Facebook qui m’ont interpellés. J’ai mis la chaîne d’infos immédiatement et j’ai plongé dans le drame que vivait des centaines de personnes en direct… Une réalité terrible à laquelle aucun de nous n’était préparé : la guerre en plein Paris. Après avoir envoyé des sms à mes proches pour essayer d’avoir des nouvelles et de me rassurer, j’ai fini par tomber de sommeil sur la chaîne et les cauchemars de la nuit ont rejoint ceux de l’actualité. 

Je ne vais pas épiloguer sur ce qui s’est passé, ni m’embarquer dans le pourquoi, comment, la faute à qui ou à quoi. Vous êtes j’en suis sûre bien au fait des événements et j’en suis en plus bien incapable.

Je me sens évidemment toute petite et un peu dépassée face à tout ça et à ce qu’on vécu ces gens… Mais je dois dire que depuis, en dehors de la boule au ventre qui ne m’a pas quittée et les larmes qui me montent aux yeux sans crier gare, je suis plutôt très fière des parisiens, des français, de leur courage, de leurs témoignages aux victimes, de leur volonté de se dresser contre la tyrannie et de défendre chacun à sa mesure, notre Liberté à tous. Quelque soit le biais par lequel cela passe : un simple drapeau bleu blanc rouge sur une photo de profil (qui a fait polémique d’ailleurs sur les réseaux sociaux… mais j’ai envie de dire simplement, et alors ? Qu’y a t-il de mal ou de grave là-dedans ?), une chanson devant le Bataclan, la devise de Paris « Fluctuat nec Mergitur » tagué place de la République, une bougie à sa fenêtre, boire un coup en terrasse entre amis (avec par exemple l’opération « Tous au bistrot » mardi ou #JeSuisEnTerrasse) ou peu importe… pour dire NON à la barbarie. Il faut réaliser que ces actes si naturels ou si petits soient-ils, prennent aujourd’hui une dimension tout autre : c’est une nouvelle forme de Résistance.

Tous autant que nous sommes, ce vendredi 13 novembre 2015, fera partie des dates comme le 12 janvier 2015 qu’il est impossible (et qu’il ne faut surtout pas) oublier ! Les mots tels que guerre, état d’urgence, que je ne pensais jamais entendre ici sur notre propre sol, peut-être à tort ou par naïveté, nous ont catapulté dans un univers tout autre… Comme certains l’ont dit, il faut réaliser que nous sommes en guerre. Là, plus de doute…

Mais ce que je veux retenir avant tout de ces drames, au delà des vies brisées, ce n’est pas ceux qui polémiquent de tout et de rien à tout va, ceux qui font des amalgames trop faciles, ceux qui font des raccourcis pour désigner des coupables bien pratiques, ceux qui croient que la haine est la réponse adéquate… mais au contraire, je veux retenir l’union, toutes les solidarités, les témoignages d’amour à une ville, aux victimes et à leurs familles, à un peuple et à ses valeurs.

Il y en a bien sûr qui diront que ça n’est pas suffisant, que cela ne durera pas ou que sais-je encore… peut être ont-ils raison, je n’en sais rien ! Mais j’ai envie de voir pour une fois le verre à moitié plein. Nous avons au cours de l’histoire démontré que nous pouvions être un grand peuple de résistance. Nous pouvons à nouveau l’être.

La résistance, c’est continuer à être nous, c’est d’aller en terrasse, c’est de penser librement, aimer, vivre, éduquer, c’est se recueillir, c’est être solidaires et ne pas se soumettre. C’est dire NON à la violence et à l’extrémisme, rejeter la haine et défendre nos valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de solidarité (même si tout est loin d’être parfait… Ce n’est au fond pas si mal !?).

Je suis comme beaucoup : pas rassurée, inquiète de ce qui peut se passer, mais je refuse aussi de me laisser gouverner par cette peur. Et à l’instar des mes amis parisiens qui reprennent le fil de leur quotidien et continuent à Vivre avec un grand V, tel un pied de nez aux terroristes, je préfère avoir confiance en nous, en notre capacité à nous transcender, à nous soutenir et à dépasser préjugés, peurs, différences, incompréhensions… et de faire en sorte que cette solidarité ne s’arrêtent pas seulement au bar du coin (même si c’est primordial de trinquer !).

Et ce soir, même d’ici, j’ai suivi la chaîne de solidarité et j’étais à 21h20, DEBOUT ! et j’ai porté un toast en souvenir de tous nos disparus… 

 

Fluctuat nec Mergitur !

 

 

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